Le téléphone sonne, le nom d’Intrum Justitia apparaît et le doute s’installe, menace réelle ou arnaque bien rodée ? Au-delà d’un simple rappel de facture, ces appels engagent votre crédibilité financière, votre accès futur au crédit et même le prix de votre assurance emprunteur. Voici les coulisses d’un géant du recouvrement et les clés pour défendre vos droits avant que la situation ne bascule.
Intrum Justitia téléphone, qui sont-ils ?
Intrum Justitia, leader du recouvrement en Europe
Intrum Justitia appartient au groupe Intrum, acteur suédois né il y a plus de cent ans et devenu la plus grande entreprise de recouvrement sur le Vieux Continent. Présente dans près de vingt-cinq pays, la société emploie plusieurs milliers de conseillers parlant une trentaine de langues. Leur mission : remettre les factures impayées sur les rails avant qu’elles n’entrent dans la spirale contentieuse. Banques, assureurs, opérateurs télécoms ou fournisseurs d’énergie s’appuient sur ce savoir-faire pour préserver leur trésorerie, mais aussi la relation commerciale avec le client débiteur.
À l’échelle française, Intrum Justitia intervient depuis des plateformes basées en région parisienne et à Toulouse. Les appels émis depuis ces centres portent sur des montants très variés, du simple abonnement Internet oublié jusqu’à plusieurs milliers d’euros dans un dossier de crédit. La société revendique une approche « amiable » : un rappel ferme, certes, mais assorti d’options de paiement échelonné ou de mise à jour de coordonnées afin de limiter les contentieux.
Comment Intrum Justitia obtient votre numéro de téléphone
Le numéro circule bien avant qu’Intrum Justitia ne compose le premier appel. Lorsque vous souscrivez un crédit, un contrat d’assurance ou une ligne mobile, votre contact téléphonique figure dans le dossier client. En cas d’impayé, le créancier transmet ce dossier au prestataire de recouvrement qui hérite alors du numéro, avec l’obligation de ne l’utiliser que pour suivre la créance.
D’autres sources complètent la fiche. Les bases d’annuaire inversé, les mises à jour communiquées lors d’un changement d’adresse ou encore les informations publiques (ex. régies fiscales) permettent de retrouver plus facilement un débiteur mobile ou ayant déménagé. Intrum Justitia affirme respecter le RGPD : seulement les données strictement nécessaires, une conservation limitée dans le temps, un accès réservé aux équipes concernées.
Appel légitime ou arnaque se faisant passer pour Intrum
Depuis quelque temps, des fraudeurs imitent les pratiques d’Intrum Justitia pour soutirer des paiements immédiats. Reconnaître la vraie voix de l’entreprise devient donc essentiel.
- Le numéro appelant figure le plus souvent en clair, sans masquage, et correspond à un préfixe géographique français (01, 02, 03, 04 ou 05). Les SMS de relance renvoient vers le portail sécurisé myintrum.fr, jamais vers un lien raccourci obscur.
- Le conseiller Intrum connaît la référence de dossier, le nom du créancier et le montant exact. Il n’exige pas de versement sur un compte étranger ni de transmission complète de la carte bancaire.
- En cas de doute, vous pouvez rappeler le 09 70 28 08 30 (numéro non surtaxé) mentionné sur le courrier. Si la personne au bout du fil refuse ce contrôle, la conversation vient probablement d’un imposteur.
Une vigilance simple : ne validez jamais de paiement sous la pression et vérifiez chaque information via un canal officiel. Un doute persiste ? Demandez immédiatement un courrier ou un courriel récapitulatif, puis prenez le temps d’analyser la demande à tête reposée.
Pourquoi Intrum Justitia vous appelle, comprendre le recouvrement
Un numéro inconnu s’affiche et, derrière, une voix se présente : « Intrum Justitia, service de recouvrement ». L’appel n’a rien de personnel, il répond à une mission claire : récupérer une somme due pour le compte d’un créancier, souvent une banque, un fournisseur d’énergie ou un e-commerçant. Le téléphone reste l’outil le plus direct pour renouer le dialogue, rappeler l’existence de la créance et proposer un arrangement avant que la procédure ne bascule vers le contentieux.
L’objectif premier n’est pas la pression, mais la mise en place d’une solution rapide. L’interlocuteur vérifie votre identité, rappelle la référence du dossier, puis cherche un accord : paiement immédiat, plan d’échelonnement ou, dans certains cas, remise partielle. Plus la réponse intervient tôt, plus la conversation reste souple et moins le coût global du dossier grimpe, car les frais supplémentaires, eux, ne tardent jamais.
Etapes du recouvrement amiable par téléphone
Le parcours suit un schéma précis, cadré par la réglementation et enrichi d’outils numériques permettant de tracer chaque échange.
- Premier contact : une relance courtoise confirme la dette, rappelle la date d’exigibilité et propose les modalités de paiement.
- Suivi : si aucune réponse n’intervient, Intrum planifie plusieurs tentatives, espacées, afin d’éviter toute qualification de harcèlement. À chaque appel, l’historique s’enrichit de vos réponses ou de leur absence.
- Négociation : dès que vous décrochez, le collaborateur vérifie la solvabilité, écoute votre situation, puis propose un échéancier ou un paiement sécurisé par carte ou virement.
- Clôture du dossier : une fois l’accord honoré, le créancier est informé, les mises à jour comptables sont effectuées et les relances cessent. À défaut de solution, le dossier peut être transmis au service contentieux ou à un huissier.
Dettes concernées par les appels Intrum Justitia
La palette est large, reflet de l’activité quotidienne des ménages :
- Abonnements téléphonie et internet, souvent modestes mais nombreux ;
- Factures énergie, eau ou chauffage, dont la régularisation urgente évite une coupure ;
- Crédits à la consommation et cartes de paiement renouvelables, surveillés de près par les banques ;
- Prêts personnels ou auto, parfois regroupés dans un même dossier ;
- Services en ligne, santé, ou même loyer lorsque l’agence de gestion externalise ses impayés.
Intrum Justitia intervient dès qu’une créance devient « exigible et certaine ». Le montant importe peu : du petit solde télécom au crédit auto à plusieurs milliers d’euros, la logique reste identique, seule la stratégie de négociation varie.
Impact sur votre dossier de crédit et assurance emprunteur
Un impayé signalé par un organisme de recouvrement peut déclencher une inscription au Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP). Ce marquage refroidit les banques lors d’une demande de prêt immobilier ou de restructuration de dettes. Même sans inscription, la mention d’arriérés réguliers pèse sur le score interne de la banque, réduisant la marge de négociation sur le taux ou le montant empruntable.
Côté assurance emprunteur, l’assureur étudie votre comportement financier autant que votre santé. Des incidents récurrents suggèrent un risque de défaut futur. Résultat probable : surprime, garanties limitées ou, dans les cas extrêmes, refus pur et simple. Régler rapidement la créance, obtenir une attestation de régularisation et la conserver dans vos dossiers aide à rétablir votre image financière.
Enfin, chaque appel ignoré prolonge la trace numérique laissée dans les bases d’analyse de risque. Répondre, même pour demander des informations ou contester, montre votre bonne foi et réduit l’intérêt du créancier à transmettre le dossier en contentieux, étape qui fragilise encore davantage votre profil crédit et assurance.
Vos droits face aux appels Intrum Justitia
Cadre légal des relances téléphoniques en France
Les sociétés de recouvrement sont tenues de respecter le code de la consommation et le code des procédures civiles d’exécution. Concrètement, un appel doit intervenir entre 8 h et 20 h, jamais les dimanches ni les jours fériés. La fréquence reste encadrée : harceler un débiteur, c’est risquer une qualification de pratique agressive passible de sanctions pénales. Autre garde-fou, le décret relatif au recouvrement amiable impose l’envoi préalable d’un courrier ou d’un courriel mentionnant l’identité complète du créancier, le fondement et le montant exact de la créance. Sans cet écrit, l’appel est irrégulier.
Intrum Justitia, comme tout professionnel, doit également suivre le code de déontologie de la Fédération nationale de l’information d’entreprise et de la gestion de créances ; il proscrit les menaces, les propos humiliants et toute pression disproportionnée. Vous pouvez donc exiger un ton courtois, des horaires raisonnables et un échange fondé sur des informations vérifiables.
- Horaire légal : 8 h-20 h, pas de dimanche ni jour férié
- Contact limité en quantité, au risque d’être qualifié de harcèlement
- Obligation d’un premier écrit détaillant la dette avant tout appel
Droit à l’information et prescription de la dette
Le débiteur bénéficie d’un droit d’accès à l’ensemble des pièces justifiant la créance. Vous pouvez demander la copie du contrat initial, des relevés, voire le bordereau de cession si la dette a été rachetée. Sans ces documents, aucune somme ne peut être exigée. Conservez une trace écrite de votre demande, par lettre recommandée ou courriel avec accusé de réception.
Pensez aussi au délai de prescription. Pour une facture de téléphonie ou d’énergie, il est de deux ans. Pour un crédit à la consommation ou un découvert bancaire, la prescription est portée à cinq ans. Passé ce délai, la dette devient juridiquement éteinte : Intrum Justitia ne peut plus saisir le juge, ni inscrire une information au fichier des incidents de remboursement des crédits. Un appel portant sur une créance prescrite peut être contesté immédiatement, sans qu’aucun paiement partiel ne soit effectué, car régler ne serait-ce qu’un euro réactive la prescription.
Protection des données personnelles et RGPD
En matière de données, Intrum Justitia agit comme responsable de traitement. Le RGPD impose la transparence : l’entreprise doit vous indiquer la source de vos informations personnelles, la finalité du traitement et la durée de conservation prévue. Vous profitez également du droit d’accès, de rectification et d’effacement. Autrement dit, vous pouvez obtenir une copie de vos données, corriger un numéro erroné ou demander la suppression de votre dossier dès que la dette est soldée ou prescrite.
Si vous estimez que vos droits ne sont pas respectés, un simple courriel au délégué à la protection des données d’Intrum Justitia peut suffire à rétablir la situation. Faute de réponse sous trente jours, la plainte auprès de la CNIL devient possible. Elle peut prononcer un rappel à l’ordre, voire une amende, et exiger l’effacement des données collectées abusivement.
- Droit d’accès et de copie de vos informations détenues par le cabinet
- Possibilité de demande d’effacement dès la dette éteinte ou prescrite
Comment réagir aux relances téléphoniques Intrum Justitia
Le téléphone sonne et l’écran affiche un numéro inconnu, celui d’Intrum Justitia. Avant de paniquer ou de fuir la conversation, mieux vaut adopter une méthode claire : vérifier, dialoguer, puis agir si le ton tourne à la pression excessive. Suivre ces trois étapes évite les erreurs coûteuses et protège votre équilibre financier.
Verifier la validité de la créance et des documents
Aucune somme ne se règle simplement parce que l’on insiste au bout du fil. Demandez toujours des preuves écrites : lettre de mise en demeure, relevé détaillé, cession éventuelle de créance. Sans ces pièces, la dette reste présumée.
- Contrôlez l’identité du créancier d’origine et le montant initial. Une facture impayée peut gonfler de frais contestables.
- Étudiez la date de la dernière action de paiement. La prescription, souvent de deux ans pour les particuliers, efface certaines créances.
- Vérifiez votre nom, votre adresse et la référence du dossier : une simple homonymie, et c’est tout l’échafaudage qui s’effondre.
Si les pièces manquent ou paraissent douteuses, répondez par courrier recommandé en demandant la suspension des appels le temps de l’analyse. Intrum Justitia est tenu de coopérer.
Négocier un échéancier ou contester la dette
Créance valide ? Il reste la marge de manœuvre. Préparez un budget réaliste, proposez un échéancier adapté à votre capacité mensuelle, sollicitez la suppression des intérêts de retard ou le gel des frais. Une approche posée et chiffrée trouve souvent preneur : le recouvreur préfère un accord écrit à un silence prolongé.
Si la dette paraît inexacte, contestez-la par lettre recommandée avec avis de réception. Joignez vos justificatifs : preuve de paiement antérieur, relevés bancaires, correspondance. La loi oblige Intrum Justitia à suspendre toute action tant que la contestation est en cours d’examen. Restez disponible par mail ou courrier, en gardant une trace de chaque échange.
Stopper un harcèlement téléphonique abusif
Les relances répétées, à des horaires déplacés ou avec un ton menaçant, enfreignent le Code de la consommation. Notez les dates, heures, contenus des appels. Une mise en demeure écrite demandant la fin des appels malveillants suffit souvent à calmer le jeu. Mentionnez votre inscription sur Bloctel et l’intention de saisir la CNIL ou la DGCCRF.
Si les appels persistent, déposez plainte auprès du commissariat pour harcèlement téléphonique, transmettez vos preuves et prévenez votre assureur protection juridique. Un simple rappel à la loi adressé au siège d’Intrum Justitia, copie à votre conseil, met généralement un terme à la pression. Votre téléphone redevient enfin un outil, pas une source d’anxiété.
Prevenir les litiges de recouvrement et protéger ses finances
Bonnes pratiques pour éviter les retards de paiement
Un règlement réglé dans les temps commence souvent par une organisation millimétrée. Au moment de signer un contrat, vérifie que l’échéancier colle à tes flux de trésorerie et bannis la fameuse phrase « je verrai plus tard ». Dès la facture réceptionnée, enregistre la date d’échéance dans un agenda partagé ou une application qui enclenche des rappels automatiques. Un simple SMS la veille d’un prélèvement suffit parfois à éviter la glissade vers l’impayé.
Place ensuite la prévention au cœur de ton budget : identifie un matelas de sécurité équivalant à un mois de charges récurrentes et alimente-le dès que tes revenus le permettent. Ce coussin absorbe les imprévus, comme une baisse de chiffre d’affaires ou une dépense médicale urgente, sans faire dérailler tes prélèvements réguliers.
- Automatise les virements, mais garde un œil sur le compte. La technologie exécute, toi tu contrôles.
- Communique sans tarder avec le créancier dès qu’un aléa se profile. Un accord amiable négocié avant l’échéance coûte toujours moins cher qu’un contentieux.
- Regroupe les abonnements et résilie ceux qui ne servent plus, le meilleur retard reste celui qui n’existe pas.
Recours assurance protection juridique en cas de litige
Si le contentieux s’installe malgré tout, l’assurance protection juridique prend le relais comme un avocat déjà présent dans ton portefeuille. La garantie se niche dans de nombreuses formules multirisques habitation, auto ou cartes bancaires. Un simple appel au service sinistre ouvre un dossier, souvent sans avance de frais : l’assureur mandate un juriste, prend en charge les honoraires de médiation ou d’avocat et, le cas échéant, règle les frais d’expertise.
Avant de dégainer, relis les plafonds de prise en charge et les exclusions. Certaines polices couvrent le recouvrement jusqu’à un certain montant ou limitent le choix du conseil. Si tu préfères ton propre avocat, demande l’accord de l’assureur par écrit pour garantir le remboursement. Enfin, conserve chaque échange, courrier recommandé ou e-mail daté, ton compagnon de route juriste en aura besoin pour plaider ta bonne foi.
Signaler un abus à la Banque de France ou aux autorités
Pressions téléphoniques incessantes, menaces ou frais indus : quand un acteur du recouvrement flirte avec l’illégalité, ton meilleur allié reste le signalement officiel. Adresse en premier lieu une réclamation écrite au professionnel concerné, histoire de laisser une trace formelle. Sans réponse satisfaisante sous un délai raisonnable, saisis les organismes de contrôle.
- Banque de France, service de contrôle des pratiques commerciales, pour les crédits et les établissements financiers.
- DGCCRF via la plateforme SignalConso, compétente pour les agissements déloyaux ou l’absence de mentions légales.
- CNIL si des données personnelles ont été utilisées sans base légale ou conservées au-delà du nécessaire.
Un dossier solide comporte les relevés d’appels, courriers, captures d’écran, ainsi qu’un historique chronologique précis. Plus le signalement est étayé, plus les autorités pourront agir promptement, protéger d’autres consommateurs et, au besoin, prononcer des sanctions financières dissuasives.
Décrocher quand Intrum Justitia s’affiche, c’est déjà reprendre la main : en connaissant vos droits, la dette se clarifie, la pression retombe et votre profil financier garde ses couleurs. Le téléphone devient alors un outil de négociation, pas une arme de harcèlement. Demain, l’algorithme décidera peut-être de l’octroi d’un crédit en quelques secondes ; votre vigilance d’aujourd’hui fera la différence, alors gardez ce réflexe simple : informer, vérifier, décider.